Qui était Olympe Gevin-Cassal ?

Inspectrice générale de l’enfance sous la Troisième République, Olympe Gevin-Cassal inspectait les crèches, les consultations de nourrissons et autres oeuvres, dont le refuge-ouvroir créé par Marie Béquet de Vienne au 203 Avenue du Maine (voir article suivant « La fraternité en action » par O. G. Cassal, Le refuge-ouvroir). C’était une femme engagée, républicaine, féministe, auteur de chroniques sociales à La Fronde. Parmi ses ouvrages : « La fraternité en action », paru en 1903.

Dans l’AVANT-PROPOS, elle écrivait :

(…) « L’enseignement le plus fécond, celui qui nous frappe à première vue, dans ces créations modernes, et qui mérite d’être inscrit au frontispice de ce petit livre, c’est qu’on s’inquiète aujourd’hui davantage qu’hier de restreindre le nombre des victimes de l’inégalité sociale et que ce souci conquiert du terrain dans les foules. Il ya les « satisfaits » dont l’atmosphère est troublée par la souffrance des autres. Si d’aucuns craignent un soulèvement prolétarien, et autres pensent aux châtiments de l’au-delà, il y en a, et ils sont légion, qui se mijotent une popularité, des électeurs… Et qui dénombrera les vaniteux et les ostentatifs ? Mais souvenons-nous que « l’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu ». De l’orgueil des uns, donc, de l’altruisme, de la bonté, de la charité des autres, des craintes de plusieurs, bref, de sources pures comme de fissures suspectes, jaillissent des œuvres attendrissantes, des œuvres considérables, qui pourront aboutir à la refonte intime de nos contrats sociaux… toutes scories devant tomber un jour ! Consigner en annales leur évolution, c’est aider à préparer la moisson future. »

Extrait de la PREFACE, par le théologien William Poulin :

(…) « D’aucuns souriront en disant : « Palliatifs que tout cela ! Il faut aller à la racine du mal et attendre d’une révolution violente la refonte d’une société mal faite ». D’autres fronceront les sourcils : « Mais c’est de la charité, de la vulgaire charité ! Et il n’en faut plus, de charité ! Il faut de la justice ! Quelques uns prendront un air découragé : « Qu’est-ce que ces quelques œuvres, en présence des maux à secourir ? Une goutte d’eau dans un océan ! ». Et tout ceux-là, laissant les naïfs mettre courageusement la main à la pâte, se contenteront comme par le passé de la fraternité en paroles et de la fraternité en théories ! » Mais pendant qu’ils discourent et qu’ils écrivent, les malheureux souffrent et pleurent. Honneur à ceux qui savent, en présence de la pauvreté, de l’isolement, du crime même, adopter cette devise d’une femme de cœur : Donner, Se donner, Pardonner. »

(voir « L’éducation des mères – Olympe Gevin-Cassal, inspectrice générale de l’enfance (1859-1945) » par Geneviève Lefort, Presses Universitaires Rennes II)

Education des mères_couv

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